30 décembre 2006

Note 4 : Soupe de pattes de poule

Vendredi-lundi : Nous decidons de passer les fetes de Noel a Puerto-Lopez, station balneaire situee a 5 heures de bus de Guayaquil (region de Manabi). Depuis la route, le paysage est tres varie. L'autobus serpente entre des collines ou forets tropicales seche et humide alternent d'un versant a l'autre. La foret seche se compose essentiellement d'arbustes au branchage monochrome. la foret humide presente une exhuberance vegetale, de nombreuses plantes epiphytes aux couleurs chatayantes decorent les ramures des ligneux tel un "arbre de Noel", des lianes touchent terre... certains versants ont recemment ete brules pour installer des cultures de bananes plantains et de papayes.
Au detour d'un virage, le Pacifique apparait, les falaises meurent dans les flots d'azur, des plages blanches baignent de soleil. Quelques iles ocres denotent ce bleu desert.
Ici les revenus sont d'abord ceux de la peche, en temoigne la multitude de barques "pointues" echouees sur le sable. Nous passerons quelques jours dans cette region accueillante.
A notre arrivee, c'est : Playa-Salsa-Tequila ! Au petit matin, nous assistons au retour des pecheurs et a la vente a la criee qui s'en suit. Winston-Churchill (prenom compose) nous propose une sortie en bateau. Au programme : peche a la traine (les poissons seront notre repas...), plonge, et escale sur l'ile de Salango, bout de terre ou nichent de nombreux oiseaux marins parmi lesquels des fous de bassans a pattes bleues, des goelands, des albatros, des pelicans et des fregates.
Notre reveillon de Noel se passe assez simplement.

Mardi : Malgre notre enthousiasme, nous nous heurtons a la nonchalance des habitants de Churute... tous se remettent difficilement de trois nuits de fete ! Rubens et son cousin nous accompagnent chez le cultivateur qui nous fournira le bambou pour la construction de notre serre educative. Tout se passe dans une bonne humeur retrouvee. Nous serons livres a la prochaine pleine-lune, moment propice a la recolte (gage d'une plus grande durabilite du materiau). Autour des bananes douces ou "guineos" et d'un delicieux ananas, nous informons le paysan de notre projet de plantation ; immediatement il rejoint les autres planteurs.

Mercredi : Bien que le bambou ne nous ait pas encore ete livre, nous decidons d'aller acheter les outils necessaires a la construction de l'equipement. Il nous faut, ce jour, plus de 3 heures dont 2h30 de marche pour atteindre l'arret de bus (Km15 de la Panamericana). Au Km26, nous achetons des clous, de la corde, 20m2 de bache plastique et deux machettes. Une des vendeuses nous conseille un petit restaurant : le plat du jour y est fameux ! Le "boui-boui" sera, pour nous, une epreuve... le "repas" se compose d'une soupe ou flottent des pattes de poule et des croupions... le second plat est tout aussi seduisant. Bref, nous ressortons ou bien le ventre creux ou bien le ventre retourne ! De retour a la ferme, nous accueillons notre deuxieme reunion avec les paysans-planteurs. Le climat est bon enfant.

Jeudi : Activites avec les enfants de l'ecole de 7h30 a 13h. Tout au long du chemin qui nous mene au pied du Rio Ruidoso, nous collectons des insectes, travaillons sur les chaines alimentaires et confectionnons un herbier. Nous dispensons ensuite un cours tres sommaire en geographie : lecture d'une carte topographique, en autres. Pour conclure cette matinee, nous organisons des jeux : foot, balle aux prisonniers, 1-2-3-soleil, etc. Enfin nous abordons avec eux notre projet de petit spectacle sur le theme de la nature.

Amandine, Roxane, Samuel, Sebastien
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21 décembre 2006

Note 3 : Une semaine a Churute

Les quelques jours que nous venons de vivre ont ete intenses et fructueux. Ils nous ont permis de decouvrir les lieux et d'approfondir nos relations avec les "campesinos" (agriculteurs).

Samedi : Antonio, un jeune exploitant nous a fait une visite guidee jusqu'au Rio Ruidoso, qui contrairement a son nom est une riviere tres timide en cette fin de saison seche. Au cours de notre petite balade, nous avons deguste de nombreux fruits locaux : ciruela "prune", mangues, guava macheta, etc. A pied ou a velo, le paysage nous enchante. La cerise sur le gateau est un don de yuca et de bananes plantains, mets quotidiens de nos compañeros. La rencontre a la plus insolite est celle d un petit singe, qui tombe de son arbre en fuyant les flammes, s'est retrouve en cage. Le proprietaire nous propose de l acheter puis, finalement, il decide de le garder pour le dresser a cueillir des mangues.

Dimanche : Nous attendons avec impatience la reunion syndicale a laquelle nous avons ete conviee. L'attente est vaine, le rodeo organise a quelques kilometres de la finca (ferme) a eu plus de succes. Nous nous retrouvons le bec dans l'eau. Chacun vaque a des taches menageres ou au dressage malheureux du chat pour eradiquer les RNI ("Rongeurs Non-Identifies").

Lundi : Les travaux a l ecole debutent. Avant d installer la serre, nous defrichons le terrain. Un peu plus tard, Don Pincay, nous decroche des mangues a 20 metres du sol a l aide d une perche en bambou. ¡O tendre mangue pulpeuse, nous nous delectons de ta saveur sucree !

Mardi : Apres une dizaine de kilometres, marchant sous un soleil de plomb, nous arrivons enfin a la reserve ecologique pour apprendre que Bruno Yanez est parti, demande au Ministere. L escale se fait donc breve dans la bibliotheque. Nous decidons d aller a Guayaquil ou nous passons la nuit. Les quelques pas dans la ville animee nous conduisent dans un bar a salsa ou la musique nous entraine... Nous craquons aussi pour une pizza familiale (¡la second etant gratuite les mardis soir !), notre estomac criant famine apres un long regime : bananes plantains - riz - yucas.

Mercredi : Le retour est motivant, un apres-midi avec les enfants en perspective. Ils s'emballent pour notre chasse au tresor, indices et defis sont de la partie. Le tout sur le theme de la "nature", ¡claro que sì ! Apres le gouter, nous retrouvons les agriculteurs avec qui nous allons travailler. Nous discutons des plantations forestieres et nous leur offrons nos premiers plants de melon. Avec leur concours, nous organiserons fin janvier une sortie dans les Mangroves de Churute, nous discutons enfin de la maniere dont cultiver les terres derriere l ecole.

Noel sera pour nous l occasion de profiter des plages de la Isla de la Plata et des specialites culinaires. ¡ Bonne buche a vous !

Amandine, Samuel, Sebastien et Roxane
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14 décembre 2006

Note 2 : ¡ Hola Churute !

Un vieux bus nous conduit au km15 de la Panamericana, carrefour commercant non loin de la ferme pedagogique de Churute, ferme ou nous logerons durant notre sejour. "Lait de coco", "jus d'ananas", "tranches de pasteques", "sorbets et beignets de fruits exotiques", "bananes grillees", le va-et-vient incessant des marchands ambulants parfume le bus de fruits gorges de soleil. Un film inattendu de Jacky Chan bourdonne a nos oreilles. Sous nos yeux, defilent des champs genereux ou s afferent macheteros et petits paysans. Le riz et la canne a sucre tutoient l'horizon. Entoures de modestes jardins plantes de yucas, bananiers et cocotiers, des barraquements sur pilotis ponctuent la vaste plaine.

Nous descendons aux Tres Cerritos "Trois Collines", usant des pratiques locales, nous optons pour l'autostop - unique solution pour eviter 16 km de marche sous le soleil, et l'aurore annoncant le diner des moustiques. On s'installe dans des dortoirs en bambou coiffes de feuilles de palmier. La haute colline surplombant la ferme est la scene d un concert nocturne. Singes hurleurs, oiseaux et batraciens rivalisent de puissance. Des grenouilles-boeuf font trembler la plaine de leurs chants caverneux.

Mardi, nous preparons les semences de melons. Cinquante pots remplis d'un melange de terre et de crottin d'equides malaxe par nos soin, accueillent chacun 4 a 5 graines. Les plants seront distribues dans le village ou utilises pour nos activites educatives. Sous son maillot de la selecao, Simon-Bolivar attend notre visite devant sa classe. Nous discutons l'apres-midi durant sur les modalites du projet d'education a l'environnement et tracant les premiers plans du jardin. Nous prevoyons une petite serre avec des legumes, des fruits et des plantes ornementales ainsi qu'un espace plus vaste pour cultiver du riz et du mais. Des fournitures scolaires (outils de geometrie, livres, posters, globe, en autres) leur seront egalement remises.

Mercredi, nous passons brievement au siege de la reserve ecologique des Mangroves de Churute. Les 5.000 plants forestiers sont disponibles, reste pour nous a attendre les premieres pluies pour debuter les travaux.

Tous les soirs, les garcons sont invites par les gamins du village a jouer au foot ; les filles preparent de bons petits plats. Heureusement, nous ne sommes pas dans un pays macho et les roles changent d'un jour a l'autre, enfin... on l'espere !

Amanda, Rosana, Sebastian, Samuel
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10 décembre 2006

Note 1 : Arrivee en Equateur

Retardes par les controles zeles de la douane americaine, nous sommes contraints de prolonger notre escale a Miami. Ce contre-temps en Floride nous donne l'occasion de confirmer ce que nous pensions etre des prejuges : omnipresence des fast-food dans le paysage urbain, voiture reine, patriotisme exhacerbe, en autres.

Le depart vers Quito se fait avec grande impatience. Arrives dans la capitale, nous assistons a l'anniversaire de la fondation de la citee andine. La fete donne lieu a un defile de chars colores, des feux d'artifice eclairent le ciel, des groupes folkloriques dansent et chantent a chaque coin de rue.

La journee du lendemain est consacree a la decouverte de la ville. Nous participons bien malgre nous a une manifestation lyceenne. Defiants effrontement les forces de l'ordre, les jeunes nous demontrent combien l'esprit revendicatif habite ce peuple sud-americain. Otavalo, ville textile situee a deux heures de route de Quito, est notre seconde etape en Equateur. Apres quelques achats sur le marche traditionnel, nous gagnons les hauteurs de la ville ou nous sommes tres vite surpris par la pluie.

Un autobus de nuit nous conduit ensuite a Salinas, ce sont la nos derniers jours avant de retrouver nos familles a Churute. Sous la creme solaire, nous travaillons au projet Rio Ruidoso (www.un-arbre-pour-demain.fr).

Amandine, Roxane, Sebatien et Samuel
www.un-arbre-pour-demain.fr

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